c0wb0yz Lives !
Dans le pays de Mandrin et d’Arsène Lupin, Jacques Chirac ne pouvait pas être détesté. Pourtant refaisons un rapide rappelle de son parcours. Il fut d’abord une caricature vivante de l’opportunisme politique. Etudiant de gauche (dixit Michel Rocard qui l’a connu à Science-Po), Pompidolien adepte du capitalisme d’Etat à la fin des années 60, travailliste dans les années 70, ultralibéral reaganien dans les années 80, gaulo-autoritaire en 88, gaulliste social en 95, rien du tout et tout à la fois en 2002 pour finir écolos néo-chaveziste sur la fin. Ce fut le roi des promesses non tenues. Rappelez-vous en 1980 «en 1983 la Seine sera dépolluée et je me baignerai dedans» ou bien en 1995 «je réduirais la fracture sociale». Sur l’Europe, c’est bien simple il a tout été et son contraire, dénonçant le «parti de l’étranger» contre Giscard, s’opposant à l’entrée de l’Espagne et du Portugal, puis devenant favorable au traité de Maastricht en 1992. C’est aussi l’archétype du vorace politique, du cumulard irresponsable: songez qu’en 1979 Jacques Chirac, qui n’est, rappelons le, qu’une seule et même personne, était Maire de Paris, donc aussi Président du Conseil de Paris, député de la Corrèze (à 500 kilomètres de là!) conseiller général de la Corrèze et Président du Conseil Général de Corrèze! Donc il était à la tête de deux départements à la fois et de la plus grande ville de France tout en étant à l’Assemblée nationale! Évidement, il n’était en réalité rien de tout ça, il était surtout président du RPR. Ces multiples mandats étaient autant de terrain de clientélisme avec un objectif: l’Elysée. Mais le comble c’est que cette même année il se présente aux élections Européennes!