c0wb0yz Lives !
J’ai pu aller au Stade de France pour assister aux trois derniers [matches de l’équipe de France] qui y étaient disputés : contre la Roumanie (1-1), l’Autriche (3-1) et l’Irlande (1-1). Et s’il n’y avait qu’un seul enseignement à retenir de mes soirées dyonisiennes, il ne vient pas du terrain mais des tribunes: la France dispose d’un des publics les plus merdiques qui soient. […] Toute la lose qui habite les supporters de l’équipe de France semble résumée dans ce “Allez les Bleus” qu’on scande jusqu’à plus soif. A chaque match, on n’entend que lui, et en soi, le fait de n’avoir pas grand chose d’autre à proposer sent déjà bien la défaite. […] Plus sérieusement, l’absence d’autres vrais slogans qui pourraient alterner avec celui-là, par trop entendu, est tout simplement le fait qu’il n’y a pas de vrai leader d’ambiance au Stade de France. Et s’il n’y a personne avec un mégaphone en train d’haranguer une foule d’ultras prêts à allumer toutes les mèches reprises ensuite en coeur par le stade entier, c’est parce qu’il n’y a pas vraiment d’ultras quand il s’agit de l’Equipe de France. Et qu’on ne me parle pas du triste Club des Supporters de l’Equipe de France, qui n’atteindra jamais la ferveur d’un kop de club. Clément d’Antibes, tu peux pas test Santos Mirasierra! […] Quand il ne chante pas (ce qui, soulignons le encore, est déjà pas non plus super fréquent), le public du SDF s’agite. Et comme il y a le quasi-slogan unique avec “Allez les Bleus”, il y a la ola. […] Le Stade de France, c’est un peu le temple de la ola. Qu’on persiste à faire un truc qui ne se fait plus nulle part, on mettra ça sur le compte de la nostalgie. Par contre, qu’on se mette à faire une ola parce que l’équipe mène d’un but au bout de 30 minutes de jeu, comme c’était le cas contre l’Autriche c’est pas possible. La ola, si tant est qu’elle devait avoir un intérêt, devrait être réservée pour la 75ème minute et pour les 3-0. Mais de toutes façons, la ola c’est vraiment le symptôme d’un public qui globalement est peu connaisseur/intéressé au football, et qui préfère bêtement se regarder faire le spectacle en tribunes que de regarder le rectangle vert. […] Alors forcément, dans un stade comme ça, je fais un peu tâche dans le public. Par exemple contre l’Irlande, sur le pénalty non sifflé sur Anelka, alors que j’invitais l’arbitre à se manger les testicules et que j’insultais sa famille sur au moins trois générations, une douzaine d’abrutis tentaient de lancer une ola derrière moi. Au comble de la tension, après l’égalisation, j’ai bien tenté un de lancer un “Irlande, Irlande, on t’encule”, mais ça n’a pas pris. Oui, je peux être très vulgaire devant un match de foot. Mais dans un stade on est vulgaire, parce que ça fait partie du foot. Un match c’est ce moment cathartique, comme les pièces de théâtre antique ou un bon concert de rock, où l’on peut laisser libre cours à ses sentiments, où l’hybris peut se déchaîner. Bien sûr il faut que tout celà soit contrôlé, et je ne me réjouis pas des débordements qui peuvent accompagner les matches, mais de là à annihiler toute manifestation des sentiments dans un vague consensus niais de “fête du football”…

“Pourquoi je déteste le public du Stade de France” par Louis Moulin sur Plat du pied, sécurité (November 20th, 2009)

Longue citation d’un excellent billet sur la tare congénitale du supporteur français moyen.

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