Vendredi soir, dans l’espace onusien encalminé, Chinois et Américains poursuivaient leur tête-à-tête, tenant le monde en haleine, ou en otage, ou en respect… Le jeu se jouait tout en haut, pour le meilleur ou pour le pire; on l’ignorait, mais il finissait par se jouer sans nous. Tout l’échafaudage diplomatique monté par Borloo, la pugnacité stratégique de Sarkozy, l’Afrique avec nous, Grenelle et le “paquet climat”, tout ce qui était si vrai, chez nous, vu de Paris, comptait-il encore face à l’égoïsme ou aux regrets universels, à la dureté chinoise ou à l’habileté d’Obama? Voilà la France. L’an dernier, dans les balbutiements du G20 et le torrent de la crise, la France parlait pour l’Europe et par elle, elle était forte. Mais terminée la présidence française, le réel revient. Privée de l’Europe, la France redevient une puissance limitée, et le volontarisme écolo de Nicolas Sarkozy fait écho aux vaines et belles philippiques de Chirac sur “la maison qui brûle”… Dire le vrai, sans pouvoir changer le réel. Parler, mais qui nous écoute? Se consoler en se sachant dans le juste, ne jamais renoncer à le dire, et espérer qu’un jour nous serons écoutés? Sarkozy rejoue un classique: il fait comme si notre voix comptait, et ça deviendra vrai?

















