c0wb0yz Lives !
Finalement, pas de déballage, plutôt un déballonnage. Oubliées, les promesses de révélations, évanouis, les regards lourds de sous-entendus. […] Revenus à la civilisation, les joueurs ont probablement touché du doigt l’inanité de leur révolte et de leur comportement, mesuré le gouffre les séparant de l’opinion générale et pris conscience du surcroît de ridicule dont ils s’affligeraient en étalant leurs turpitudes. Point de “pacte du silence” là-dessous, juste un éclair de lucidité.
Vuvuzela en ASCII sur Digg
En Amérique du Sud comme en Espagne, les médias ont traduit la phrase scrupuleusement —«Que te den por el culo, sucio hijo de puta» pour le quotidien sportif argentin Olé— au point de dévier des pratiques hispanophones, où «sucio», qui veut dire «pas propre» n’est normalement pas utilisé pour appuyer une insulte comme on le fait en français. Même souci de la traduction bien faite chez les Allemands, avec «Fick dich in den Arsch, du Hurensohn!», voire «Lass dich in den Arsch ficken, du dreckiger Hurensohn», avec ici aussi le «pas propre» («dreckiger») utilisé pour traduire le «sale» de «sale fils de pute».
Alternative infernale entre omerta (TF1) et délire verbal (tous les autres), plaquage fiévreux et arbitraire de représentations fantasmées sur une réalité complexe et inconnue : si l’on a bien suivi le feuilleton, on a beaucoup progressé dans la compréhension des mécanismes de la presse française.
List France’s biggest five problems at the moment, and none will involve tactics; Raymond Domenech has no authority within the French squad, so his instructions are almost irrelevant. On the pitch, the team has no cohesion, no organisation, doesn’t look like scoring and always looks like conceding. The change in formation did nothing to solve these problems and the substitutes brought little to the side, and yet Domenech was seemingly happy to pass up his chance to make a third change.
La France a une longue histoire de défaites, mais de défaites glorieuses, ou les Français habités par la fameuse « furia francese », héritière de la furie gauloise évoquée par Tite Live, donnaient tout, avant de perdre devant des nations mieux organisées et habitées par l’esprit de sérieux (romains, allemands…). Au moins, pouvions-nous vibrer avec équipes françaises des années 70, 80 et 90. Nous perdions mais c’était la faute de l’arbitre, de la malchance, de la supériorité stratégique, tactique ou physique de l’adversaire. Comme beaucoup mon match préféré est celui de 1982 face à l’Allemagne, ou tout le génie français, totalement libéré, aboutit finalement à la défaite la plus injuste de l’histoire de football face à une Allemagne simplement efficace. Et parfois cette furia francese, canalisée par un homme providentielle, débouche sur des victoires rares mais magnifiques. Toute proportion gardée, le parallèle entre cette défaite sans combat de l’équipe de France, la France des années 2000, et l’anniversaire de la débâcle de 1940 est tout de même frappant. Même débâcle, même défaite sans combat, qu’on a vu venir de loin sans réagir, mêmes causes mêmes effets. Ce sont d’abord les défaites d’un système, d’un état d’esprit. Une défaite inscrite dans les têtes depuis longtemps, un même aveuglement qui dure, qui dure, jusqu’au désastre final.

“Retrouver la furia francese” sur Engage(d) par Arnaud Dassier (June 18th, 2010)

Il n’y a pas de honte à s’incliner, perdre, tomber sur plus fort que soit à partir du moment où l’on s’est battu avec courage, détermination et sens du sacrifice. Malheureusement, hier soir, on était très loin de tout ça. Résultat, on a eu la défaite, et le ridicule.

Quand je conduis à Londres, il y a une croix de Saint George sur la moitié des voitures. J’étais à Paris la semaine dernière et je n’ai pas vu une voiture avec un drapeau français. Cela résume tout. J’aime cette attitude et c’est pour cela que j’aimerais que l’Angleterre gagne la Coupe du monde. Quand je suis un peu en retard pour un match de l’Angleterre, je me presse parce que je ne veux pas manquer l’hymne national. En Angleterre, ils chantent le God Save The Queen comme un seul homme. Quand je suis en retard en France, je prends mon temps, parce que la moitié du stade siffle l’hymne.

“Wenger soutient l’Angleterre et critique les Français” sur Fifa.com (June 10th, 2010)

Il a raison sur le fond même si par une logique implacable, il confirme, en daubant sur les siens, sa propre théorie. Arsène Wenger est bien français.

Cette finale sera regardée partout dans le monde, y compris dans les monastères tibétains. “La belle affaire”, me direz-vous. “L’humanité se passionne pour un événement futile qui est une perte de temps et une affaire de gros sous”. Une affaire de gros sous, sans nul doute. Futile, certainement. C’est là précisément tout son intérêt. Bien sûr, nous pourrions hypocritement souhaiter que l’humanité saisisse chaque seconde pour philosopher et disserter métaphysique. Mais il est bon aussi que l’humanité se passionne pour du futile. Ce qui serait mauvais serait qu’elle ne passionnât que pour du futile, et n’en déplaise aux plus pessimistes d’entre vous, on en est loin. Mais là, oui, elle va se passionner pour cet événement qui au fond n’est qu’un jeu et c’est formidable. C’est là la dernière universalité du football, et la plus belle. Car c’est un intérêt commun qui transcende les barrières sociales. Dans les bars, des inconnus commencent à discuter comme de vieux amis. Dans les commissariats, les soirs de match, les policiers donnent les scores aux gardés à vue. Un peu de fraternité républicaine entre hommes que tout sépare pourtant.
The Sun dans toute sa splendeur de sale teigne, avec en bonus l’acrostiche crâneur : EASY pour “England, Algeria, Slovenia and the Yanks”.

The Sun dans toute sa splendeur de sale teigne, avec en bonus l’acrostiche crâneur : EASY pour “England, Algeria, Slovenia and the Yanks”.

Journaliste : Craignez-vous l’ambiance avec les vuvuzelas (trompettes sud-africaines au bruit assourdissant)?

Raymond Domenech : Non, j’en ai une chez moi.

ITW de Raymond Domenech après le tirage au sort de la Coupe du monde 2010 sur Eurosport (December 12th, 2009)

C’est une réponse tellement foutage de gueule… C’est presque de l’art.