c0wb0yz Lives !
Malgré ses qualités, dès lors qu’il ne veut ni ne peut incarner un choix présidentiel, son leadership est biodégradable. Il y a un moment Cohn-Bendit, mais pas d’alternative verte.

ITW de Jean-Louis Bourlanges par Arnaud Leparmentier dans Le Monde.fr (June 18th, 2009)

Ils sont rares dans le milieu à conjuguer avec autant de maestria la clarté du verbe et la finesse de l’analyse. Et en prof d’amphi, il est à tomber.

Je crois qu’il y a globalement deux scénarios entre lesquels il appartient au peuple irlandais et à lui seul de choisir. Première possibilité : les Irlandais revotent sur le traité de Lisbonne. Cela peut se faire de deux manières : soit ils se contentent des assurances qu’on leur donnerait sous la forme d’une déclaration ou d’un protocole sur les sujets qui les inquiètent - neutralité, fiscalité, avortement -, soit - mais cela semble peu probable - le gouvernement fait monter les enchères en disant qu’un second refus conduirait l’Irlande à quitter l’Union européenne.
Ma famille politique, “sociale, libérale et européenne”, qui a fait pendant vingt ans jeu égal avec le parti chiraquien, gît désormais à terre, tronçonnée en trois morceaux inanimés : entre l’UMP, le MoDem et le Nouveau Centre, les enfants de l’UDF n’ont le choix qu’entre une reddition, une secte et un camp de réfugiés. François Bayrou n’est pas le responsable exclusif de cette situation mais il y a contribué. Il chérit sa solitude comme on courtise une voyageuse de nuit et voit dans son exil intérieur la préfiguration providentielle d’un destin hors du commun qui lui vaudra demain le règne, la puissance et la gloire. Etonnant, non ?
J’ai l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy. Pour deux raisons. D’abord parce que je crois, comme François Bayrou, que le projet économique de Ségolène Royal serait absolument calamiteux pour le pays. Et la France ne peut pas se payer le luxe de cinq nouvelles années d’erreurs ou d’immobilisme. Je pense ensuite que seule une nouvelle défaite de la gauche permettra de faire éclater la contradiction du PS et de rendre demain possible cette convergence entre sociaux-démocrates et sociaux-libéraux, qui n’est à ce jour qu’un piège à centristes.
Nul ne peut aujourd’hui affirmer que Nicolas Sarkozy, s’il accède à la présidence de la République, réussira à moderniser la France. En revanche, j’ai la conviction qu’il a la volonté de tout mettre en œuvre pour essayer de le faire et la certitude qu’il est le seul des candidats à disposer des qualités, de la légitimité et du projet politiques qui lui donnent une chance d’y parvenir.