Le lobbying n’est plus, et cela depuis longtemps, une manière contestable de faire de la politique à Bruxelles mais la réponse apportée à une double demande, institutionnelle (de légitimation) et sociale (de représentation). Composante endogène de l’intégration européenne, il est probablement, à côté du monopole d’initiative de la Commission, du vote à la majorité au Conseil européen et du principe de primauté du droit communautaire, le quatrième pied sur lequel repose l’édifice politique européen. En ce sens, il contribue à démocratiser l’édifice européen, n’en déplaise aux tenants du « retour du politique » et aux parangons de la « représentation nationale ». Mais le contraste existant entre la place qu’il occupe de fait et l’inconfort que ce constat engendre montre que l’analyse du processus d’intégration n’a pas été menée à son terme. Le débat actuel sur le lobbying le confirme. La grammaire politique de l’Union reste à écrire.
Nous sommes grands en tant que nations parce que nous avons compris que seuls nous sommes petits.
Je crois qu’il y a globalement deux scénarios entre lesquels il appartient au peuple irlandais et à lui seul de choisir. Première possibilité : les Irlandais revotent sur le traité de Lisbonne. Cela peut se faire de deux manières : soit ils se contentent des assurances qu’on leur donnerait sous la forme d’une déclaration ou d’un protocole sur les sujets qui les inquiètent - neutralité, fiscalité, avortement -, soit - mais cela semble peu probable - le gouvernement fait monter les enchères en disant qu’un second refus conduirait l’Irlande à quitter l’Union européenne.
En France, on pense nous pensons encore comme au temps du Congrès de Vienne, on fait l’Europe des États. Les États fédéraux, eux, une intelligence des lieux de pouvoir dans une structure fédérale et savent se mettre aux bons endroits. […] Notre classe politique ne veut pas admettre qu’elle n’a plus toutes les manettes de commande. Là encore, la situation n’est pas la même entre un Etat fédéral et la France. Dans un Etat fédéral ou assimilé (Allemagne, Espagne), la circonstance que l’Etat central n’ait pas tous les pouvoirs est une évidence, dès lors une délégation au niveau communautaire s’ajoute au partage national des compétences sans que les citoyens soient conduits à déconsidérer leur Etat central. En France, la simple affirmation d’une « fuite » des compétences au niveau communautaire fait craindre à certains politiques que leurs électeurs soient amenés à considérer que « le roi est nu ». En réalité la prise de conscience des responsabilité de chacun (Paris d’une part, Bruxelles, de l’autre) clarifiera la lecture que les Français ont de leurs relations au monde : ils pourront alors s’adresser aux bons interlocuteurs pour tels ou tels problèmes.
Les clauses dont il vient d’être question dénotent un manque certain d’affectio societatis et de confiance mutuelle, ainsi qu’une volonté très nette, de la part des gouvernements, de réaffirmer la souveraineté des Etats et leur rôle politique au sein de l’édifice européen.
Sarkozy voit l’UE comme un projet politique avec des frontières définitives et des objectifs stratégiques clairs. Miliband la voit comme un procédé technocratique engageant tactiquement avec un arrière-pays toujours plus vaste et un horizon global. Les chances de voir l’un des deux accepter de respecter démocratiquement la ligne de l’autre, si celle-ci était majoritaire, sont assez minces.
Au lendemain du rejet du traité constitutionnel, les Français ont constaté que leur parole se heurtait à une indifférence à peine polie au sein des institutions européennes. “La France n’avait plus de crédibilité, affirme un haut fonctionnaire de la Commission. Quand elle évoquait l’Europe sociale ou de la défense du service public, elle n’était plus audible. Comment convaincre les autres de la pertinence de son modèle lorsqu’on a soi-même un taux de chômage élevé et une croissance faible ?
L’UE a inauguré sa chaîne sur YouTube avec un clip olé-olé qui évidemment fait quelques vagues.
Il s’agit de trouver un chemin qui ne casse ni l’Europe en deux, ni la relation franco-turque. Nous sommes à la recherche de ce chemin.

















